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jeudi 16 juillet 2009

Jardin des délices

Quand le monde autour de toi aura tant changé
Que toutes ces choses que tu frôlais sans danger
Seront toutes si lourdes à bouger
Seront toutes des objets étrangers

Où l'a-t-on rangé
Ce bout de verger
Avec ses fleurs grimpantes
Sa lumière en pente
Couleur de dragée ?

Quand le monde autour de toi sera mélangé
Que le drap de ta chambre dans l'ombre restera plongé
Que viendra la nuit aux pourpres orangés
Et sans rien de plus peut-être pour te protéger

Où l'a-t-on rangé
Ce bout de verger
Avec sa glycine
Comme une racine
Dans la terre plongée ?

Dans la terre plongée

Jardin des délices
Tourne comme une hélice
Dans le fond du crâne
Tourne comme une hélice

Jadis et naguère

Au bord d’une rivière
Etait une clairière
En ce temps lointain
Qu’on nomme naguère

Qu’on nomme jadis
Où l’homme était sur terre
Parmi les délices
Sans colère
Sans colère
Sans colère
Sans colère

Jadis et naguère
Se sont fait la guerre
En ce temps là
L’homme était guerrier
La femme était mère
Rien ne subsiste
Que poussière
Que poussière
Que poussière
Que poussière

Le monde est fou
Le monde est fou
Nous le boirons
Jusqu’au bout
Nous le boirons
Jusqu’au bout

Le monde est fou
Le monde est fou
Ce n’est rien moins
Qu’un caillou
Ni plus ni moins
Qu’un caillou
Qu’un caillou

L’homme était guerrier
La femme était mère
Rien ne subsiste
Le monde est fou
Le monde est fou
Nous le boirons
Jusqu’au bout
Nous le boirons
Jusqu’au bout
Ce n’est rien moins
Qu’un caillou
Tu le mettras
A ton cou

Dans l’au-delà
L’au-delou
Dans l’au-delà
L’au-delou

mercredi 15 juillet 2009

Le jour où tu voudras partir

Il n’y aura plus de trains dans les gares
Le jour où tu voudras partir
Au milieu d’enfants endormis
Dans les jardins, dans les lits

Il n’y aura plus d’avions dans les airs
La ville sera comme un désert
Rien que des enfants enlacés
Pour t’empêcher de passer

En attendant que les incendies
Et le bruit de ville s’éteignent
Tu mettras de l’eau sur le front
De ceux que tu aimes et qui saignent
Au milieu d’enfants endormis
Et d’oiseaux tombés du nid

Il n’y aura plus de fleurs sur les tables
L’enfant posera son cartable
La tête dans les mains pour pleurer
Il t’entendra t’éloigner

Il faudra bien qu’un jour,
Tu te souviennes
De cette ville qui fut la tienne
Avec ses enfants endormis
Sur le marbre des fontaines

En attendant que les incendies
Et le bruit de ville s’éteignent
Tu mettras de l’eau sur le front
De ceux que tu aimes et qui saignent
Au milieu d’enfants inconnus
Et de loups, de chiens perdus

Il faudra bien qu’un jour,
Tu te souviennes
De cette ville qui fut la tienne
Avec ses enfants endormis
Sur le marbre des fontaines

En attendant que les incendies
Et le bruit de ville s’éteignent
Tu mettras de l’eau sur le front
De ceux que tu aimes et qui saignent
Au milieu d’enfants endormis
Et d’oiseaux tombés du nid

Au milieu d’enfants endormis
Et d’oiseaux tombés du nid

Jésus *

Tu m’as bien compris, Jésus
La connaissance et l’amour
Tu m’as bien compris, Jésus
La connaissance et l’amour

Tes disciples, je les ai vus
Y’en a qui courent toujours
Les mêmes cheveux que Jésus
Le même habit de velours
Lourd, lourd, lourd

Tu m’as bien compris de travers
De travers
Avec tes amis, vide ton verre
Vide ton verre

Toutes celles et tous ceux qui n’ont pas eu
La connaissance et l’amour
Tu les entendras crier, Jésus
Serais-tu devenu sourd
Sourd, sourd ?

Tu m’as bien compris, Jésus
La connaissance et l’amour
T’étais bien d’accord, Jésus
T’as pas fait grand chose
Pour, pour, pour

Tu m’as bien compris de travers
De travers.
Avec tes amis, vide ton verre
Vide ton verre

Tu m’as bien compris, Jésus
Ça peut pas durer toujours
Laisse-toi tomber des nues
Vide tes poches et cours
Cours, cours, cours

Tes disciples, je les ai eus
Y’en a qu’appellent au secours
Avec la main tendue, Jésus
T’as pas le temps de leur faire un discours

Tu m’as bien compris de travers
De travers
Avec tes amis, vide ton verre
Vide ton verre

Tu comprends tout de travers
De travers
Tu comprends tout de travers
De travers
Oh, Jésus

Tu comprends tout de travers
De travers
Tu comprends tout de travers
De travers
Oh, Jésus

Jeanne *

Quand elle revint chez les siens
Les gens l’attendaient sur le port
Buvant le vin des musiciens
Entourés d’hommes et de chiens
Fidèles aux longs cordages usés
Et qui tenaient debout leurs fusées

On lui mit autour du cou
La dent du dernier cheval mort
Qu’on avait amené chez nous
Et dont on dit qu’il bouge encore
En elle-même, au fond du puits
Du temps qui s’est passé depuis

Alors autour des barques folles
Les flammes rouges montent du sol
Et devant l’évêque des mots
On parle d’elle à demi-mot

On dit de Jeanne revenue
Rendant au ciel sa lame nue
Que chaque démon qu’elle abat
C’est celui qu’elle avait mis bas

Quand elle revint chez les siens
Les gens l’attendaient sur le port
Fumant l’herbe des magiciens
Jouant sur des violons anciens
Au creux de leur âme s’envole
La chanson de Jeanne la folle

On dit que Jeanne est revenue
Que c’est le démon toute nue
Et devant l’évêque de Maux
On la condamne à demi-mot

A côté d’eux, la Marne roule
Et, de son écharpe, elle enroule
Magiciens sans cérémonie
Qui montrent le creux de son lit

Alors, tout est bien
Et, de la Marne au Rhin
Les hommes et les chiens
Tout le long du canal
Suivent Jeanne au bûcher bancal

Quand elle revint chez les siens
Vivante et tous les autres morts
Il s’en trouvait peut-être bien
Qui l’attendaient, qui l’aiment encore
Au fond du puits volent les cendres
Où l’on voit son âme descendre

On dit que Jeanne reviendra
Portant sa tête dans un drap.
Autour des barques qu’on a mises,
Montera l’eau de la Tamise

Et chanteront les vagues bleues,
Crachant des anges comme il pleut,
Des faux, des fourches et des pieux.
C’est pour le jugement de Dieu

Et chanteront les vagues bleues,
Crachant des anges comme il pleut
Des faux, des fourches et des pieux
C’est pour le jugement de Dieu

Et chanteront les vagues bleues
Crachant des anges comme il pleut
Des faux, des fourches et des pieux
C’est pour le jugement de Dieu

mardi 14 juillet 2009

Je suis Dieu*

Je suis Dieu
Et je joue avec des
Bouchons de liège
Je suis Dieu
J’ai dans ma chambre autant
De lits que de sièges
Je suis Dieu
Dans mon cercueil
Je suis Dieu
Dans mon fauteuil
Je n’ai pas le moindre souci
De la vie

Je suis Dieu
Et je peux grimper
Le long des murs
Je suis Dieu
Mais j’ai mal aux pieds
Dans mes chaussures
Je suis Dieu dans mon cercueil
Je suis Dieu dans mon fauteuil
Je n’ai pas le moindre souci
De la vie

On m’a dit
On n’a d’yeux
Que pour Dieu
J’en suis heureux
Je suis Dieu
C’est odieux
D’être Dieu
C’est ennuyeux
Je suis Dieu

Je suis Dieu
A l’horizon, j’aperçois
Un train d’enfer
Je suis Dieu
Je m’allonge sur la voie
La tête en l’air
Je suis Dieu
Dans mon cercueil
Je suis Dieu
Dans mon fauteuil
Je n’ai pas le moindre souci
De la vie

Je suis Dieu
Si vous me voyez
Arrêtez-vous
Je suis Dieu
Dans la ru,
Je traverse dans les clous

Je suis Dieu
Dans mon cercueil
Je suis Dieu
Dans mon fauteuil
Je n’ai pas le moindre souci
De la vie

On m’a dit
On n’a d’yeux
Que pour Dieu
J’en suis heureux
Je suis Dieu
C’est odieux
D’être Dieu
C’est ennuyeux
Je suis Dieu

Je suis Dieu
Et je joue avec des
Bouchons de liège
Je suis Dieu
J’ai dans ma chambre autant
De lits que de sièges
Je suis Dieu
Et je fais tomber les gens
Dans des pièges
Je suis Dieu
Et je joue avec des
Bouchons de liège