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jeudi 16 juillet 2009

Quand une femme

Quand une femme
Se lève le matin
Fait chauffer de l’eau
Regarde ses mains
Sort sur le devant
De son bungalow
Peut-être alors elle se souvient
Des choses inconnues
Qu’elles avaient oubliées
Comme un papier plié
Sous un petit coussin
Doux comme un mocassin

Se lève le matin
Fait chauffer de l’eau
En regardant au loin
Si le temps sera beau
S’il pleuvra demain
Ce sont des choses inconnues
Qu’elle avait oubliées
Comme un papier plié
Doux comme un oreiller
Celui-là, celui-là même
Où si longtemps avant
Quelqu’un avait écrit
La fin de ce poème
De ce récit

Fait couler de l’eau
Le long de ses reins
Le long de son dos
Et puis se souvient
Comme un papier plié
Sous un petit coussin
Doux comme un mocassin
Ce sont des choses inconnues
Qu’elle avait oubliées
Comme un papier plié
Sous un petit coussin

Ce sont des choses inconnues
Qu’elle avait oubliées
Une soucoupe toute émailléeQu’un rayon fait briller

Que ne fus-tu

Que ne fus-tu une autre mère
Que ne fus-tu un songe
Que ne fus-tu une autre mère
Que ne fus-tu un songe
Dans ce passé amer
Où mes racines plongent

Que ne fus-tu une autre mère
Que ne fus-tu un songe
Près de cette rivière où je m’allonge

Que ne fus-tu une autre
Une autre, une autre
Que ne fus-tu
Car tout commence
En ce temps sans défense
Que ne fus-tu,
Que ne fus-tu
Que ne fus-tu

Les coups l’hiver la faim,
Mais non rien de cela ne fut
Rien de cela
On te méprise et l’on te craint
Attend, ou bien recommence
Au lien de ça tout fut doré
Comme une miche au four
Comme un pain du matin
Et décoré
De frise, de sucre glace autour
De petits napperons brodés
Mais que ne fus-tu une autre
Front bas et front têtu

Que ne fus-tu une autre mère
Que ne fus-tu un songe
Dans ce passé amer
Où mes racines plongent

Que ne fus-tu une autre mère
Que ne fut-tu un songe
Près de cette rivière où je m’allonge

Au bord du pré l’agneau qui parlerait
Ou bien retournerait à l’ombre
Enfiler ses habits
Redevenu silencieux
De ce pré aujourd’hui déteint

Quand on perd un ami

Quand on perd un ami
C’est peut-être qu’il dort
Dans un autre univers
De gel et de bois mort
Dans un autre décor
Simplement affaibli

Quand on perd un ami
Son âme se décolle
Comme un papier jauni
Papyrus d’école
C’est que l’on a grandi

Quand on perd un ami
Comme dans un tamis
Après que le cambiste
Ait déserté la salle
Ait déserté la salle

Dans le jour indolore
Et dans l’air inodore
Repose sur le pourpre
Entouré des siens
Et pas même un chien
Pour lécher sa paume
Son bras recourbé

Quand un ami s’en va
Disparaît de son lit
Par de nouveaux sherpas
Pour de nouveaux pays

Quand on perd un ami
De la lumière subsiste
Comme dans un tamis
Après que le cambiste
Ait déserté la salle

Peut-être ce n’est pas
Ce qu’on nous en a dit
Si là-bas il fait froid
Comme il le fait ici

Quand on perd un ami
Qui nous découvrira
Fakir embaumé
Transpercé de pointes
Et lorsque le jour pointe
Pas même un drap
Pour cacher ses yeux
Quand un ami s’en va

Quand on perd un ami
De la lumière subsiste
Comme dans un tamis

Quand il était gosse

Comme un chien qui rongeait son os
Comme un chien qui rongeait son os

Quand il était gosse
Fait de plaies de bosses
Comme un chien qui rongeait son os
Comme un chien qui rongeait son os
Mais les années passent
Ne reste à la place
Que la soupe à la grimace
Que la soupe à la grimace

Il voyait passer les caravanes
Les arbres penchés, les savanes
Il voyait passer les caravanes
Les arbres penchés, les savanes
Il voyait passer les caravanes
Les arbres penchés

Les animaux sauvages venaient boire
A pas feutrés dans le noir
La lune alors était amie
Le sol plus doux que de la mie
La lune alors était amie
Le sol plus doux que de la

C'était un grand livre d'images
Cacophonies et paysages
Où naviguaient entre les pages
Dix mille ruisseaux et marécages
Où naviguaient entre les pages
Dix mille ruisseaux

Quand il était gosse
Fait de plaies de bosses
La religion des révoltés
Mais la pile était survoltée

Les cheveux en brosse
Mauvaise volonté
Comme un chien qui rongeait son os
Comme un chien qui l'a trop rongé

Il voyait passer les caravanes
Les arbres penchés, les savanes
Il voyait passer les caravanes
Les arbres penchés, les savanes
Il voyait passer les caravanes
Les arbres penchés
Alors comme quand il était gosse
Sans compter les plaies ni les bosses
Il continue, livre bataille
Il découpe le monde, il le taille
Il continue livre bataille
Il découpe le monde

Comme un chien qui rongeait son os
Comme un chien qui rongeait son os

Quand il était gosse
Fait de plaies de bosses
Comme un chien qui rongeait son os
Comme un chien qui rongeait son os

Quand il était gosse
Fait de plaies de bosses
La lune alors était amie
Le sol plus doux que de la mie
La lune alors était amie
Quand il était gosse

Quand le jour de lève

Quand le jour se lève, on refait sa vie
On entend le chant et la mélodie
Des jours passés
Quand le jour se lève, on refait sa vie
On visite à deux ce qu’on a vu seul
L’oiseau merveilleux qu’on a relâché
A pris son vol,
L’oiseau merveilleux dans le formol
Rivières
Fontaines
N’ont plus d’algues
N’ont plus d’algues
Fonds de vase
Fonds de vase
Tout ceci repoussera
Fonds de vase
Fonds de vase
Libellule s’envolera

Quand le jour se lève, on refait sa vie.
Un château là-bas, une barque ici
Qu’on va pousser
Quand le jour se lève, tout est effacé
Tout est méduse ou murène
Sur l’océan désolé.
Tout est semblable aux arènes
Aux chrétiens écartelés
Au divin dissimulé
Entre les brûlures du sel

Toi qui m’a connu, qui m’a encensé,
Au moins sais-tu ce qui va se passer
Quand le jour sera levé pour longtemps
Fontaines
Rivières
N’ont plus d’herbes
N’ont plus d’herbes
Fonds de vase
Fonds de vase
Tout ceci repoussera
Fonds de vase
Fonds de vase
Libellule s’envolera
Quand le jour se lève

Que deviens-tu ?

Millions de vies cachées dans des maisons de tôle
Fourmi portant le monde sur tes épaules
Qui plie mais ne rompt pas comme le saule
Fourmi portant le monde sur tes épaules

Maisons châteaux, murs de sable, murs de vent
Souffle de l'avenir nous soulevant
Comme une feuille d'arbre pourrissant
Jaune et dorée sous le soleil couchant
Comme un chien qui s'est tût

Et toi que deviens-tu?
Je te demande: que deviens-tu?
Je te demande: et toi, que deviens-tu?

Maisons châteaux, murs de sable, murs de vent
Cristal taillé plus pur que le diamant
Qui devient sous nos doigts sable tout simplement
Sable dans nos paupières nous endormant
Comme un film s'arrête

Et toi que deviens-tu?
Je te demande: et toi que deviens-tu?
Je te demande: et toi que deviens-tu?

Maisons châteaux, murs de sable, murs de vent
Souffle de l'avenir nous soulevant
Comme une feuille d'arbre pourrissant
Jaune et dorée sous le soleil couchant
Comme un chien qui s'est tût

Et toi que deviens-tu?
Je te demande: et toi, que deviens-tu?
Je te demande: et toi, que deviens-tu?

mercredi 15 juillet 2009

Quand les jours se suivent

Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
En entier, sans rien omettre
Sans oublier de mettre
Ce qu’il faut d’amour
D’humanité
De risque, de richesse ou de pauvreté
Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent

Alors je dis : « Si ces jours
Sont des jours d’amour,
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours »

Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
En entier, sans rien omettre
Sans oublier de mettre
Ni le poivre et le sel
Des jours les plus noirs
Ni le sucre et le miel
Des jours d’espoir
Quand les jours se suivent
Comme dans les pages
Les pages d’un livre
Quand il faut toujours
Toujours les compter
Comme les pions
Sur le bord de l’échiquier

Alors je dis : « Si ces jours
Sont des jours d’amour
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours »

Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Quand les jours

Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent
Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent
Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent
Comme des bêtes qui tirent le soc
Quand les cornes s’entrechoquent

Quand tu portes

Quand tu portes sur tes épaules
Le fardeau
Le plus beau
Quand ta main tremble
Parce qu’il il te ressemble
Quand tu sais que c’est lui
Qui pleure au cœur de la nuit
Quand tu te lèves
Brûlant de fièvre
Que ta main tremble
De savoir qu’il te ressemble
Tu sais que dans ses veines
Le sang est le même
Le sang est le même quand il coule
C’est le long tapis de ta vie qu’on déroule

Quand tu sais que c’est lui
Qui pleure au cœur de la nuit
Quand il tousse
Dans son lit de mousse
Quand il t’appelle
Que, toujours tu te rappelles
Souviens toi que c’était lui
Fragile au cœur de la nuit
Et quand un jour
Du haut d’une tour
Tu le verras partir
Comme tout le monde sans rien dire

Qu’il est loin le temps devant nous

Qu'il est loin le temps devant nous
Un jour ou l'autre il fut quand même au rendez-vous
Un jour ou l'autre il fut quand même au rendez-vous

Qu'il est loin le temps devant nous
Il cherche à rendre ceux qui le suivent à moitié fou
Il cherche à rendre ceux qui le suivent à moitié fou

Qu'il est loin le temps devant nous
Tant de choses on le voit partout
On le cache il sait malgré tout
Revenir

Qu'il est loin le temps tout à coup
Qu'on croyait juste derrière nous
Et qu'il faut oublier d'un seul coup
Sans rien dire
Et qu'il faut oublier d'un seul coup
Sans rien dire

Qu'il est loin le temps devant nous
Chaque jour passe, chaque jour on compte les coups
Chaque jour passe, chaque jour on compte les coups

Chaque jour passe, chaque jour on compte les coups

Qu'il est loin le temps devant nous
Tant de choses on le voit partout
On le cache il sait malgré tout
Revenir

Qu'il est loin le temps tout à coup
Qu'on croyait juste derrière nous
Et qu'il faut oublier d'un seul coup
Sans rien dire

Et qu'il faut oublier d'un seul coup
Sans rien dire