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mercredi 15 juillet 2009

Pas mal de journées sont passées *



45 tours sorti en 1977 avec « Pas mal de journées sont passées » sur la face A et « Pas de Nom » sur la face B. Les versions de ces deux titres de cette édition sont différentes de celles figurant sur l'album "Le train du soir" où elles apparaîtront quatre ans plus tard, en 1981. Ces deux titres ne seront pas réédités en CD.


Pas mal de journées sont passées
Depuis que l’on s’est quittés
Pas mal de journaux sont parus
Depuis que l’on s’est pas vus
Pas mal de chambres d’hôtel ont vu le jour
Pas mal de bombes et pas mal de discours
Pas mal de bombes et pas mal de discours

Pas mal de coupures de courant
Depuis que j’ai foutu le camp
Pas mal de présidents jetés
Depuis que je t’ai quittée

Ma petite fille
T’as les yeux qui brillent de plaisir
Tu sais pas quand ça va finir
Quand tu sortiras de l’enfance
Y aura plus d’Angleterre plus de France
Y aura plus d’Angleterre plus de France

Pas mal de monde sur le carreau
Depuis qu’on ne se dit plus un mot
Pas mal d’oxygène en moins
Depuis qu’on ne se dit plus rien

Ma petite fille
T’as les yeux qui brillent de plaisir
Tu sais pas quand ça va finir
Quand tu sortiras de l’enfance
Y aura plus d’Angleterre plus de France
Y aura plus d’Angleterre plus de France

Comme pas mal de bombes sont tombées
Je suis revenu te chercher
Le monde a rien perdu ni gagné
Mais dépêche-toi de t’habiller
On va partir ensemble à la voile
Plus loin que la lune et plus loin que les étoiles
Plus loin que la lune et plus loin que les étoiles

T’as les yeux qui brillent de plaisir
Tu sais pas quand ça va finir
Quand tu sortiras de l’enfance
Y aura plus de frigidaire, plus d’essence
Y aura plus de frigidaire, plus d’essence

Y’a pas mal de miracles, tu sais
Y reste plus qu’à prier
Pas mal de miracles, tu sais
Y reste plus qu’à prier

Y’a pas mal de miracles, tu sais
Y reste plus qu’à prier

Marchand de rêves

Marchand de rêves avec ta barque creuse
Entourée de femmes malheureuses
Marchand de rêves au bord du lac de sang
Y a plus personne debout quand le soleil descend
Et tous les enfants jaunes
Aux yeux de faune
Comme des ballons qui crèvent
Marchand de rêves

Marchand de rêves, va t’en plus loin encore
Jeter ta poudre dehors
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Au milieu des danseuses aux lèvres recourbées
On voit les ongles, les doigts de ceux qui sont tombés
De ceux qui sont tombés

Marchand de rêves au bord du lac de sang
Y a plus personne debout quand le soleil descend
Avec ta poudre rouge, tes yeux d’or, ta barque
Et les enfants qui bougent encore au fond du sac
Marchand de rêves, va t’en plus loin encore
Au fond des yeux fendus dans les yeux d’or
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor

Avec ta poudre rouge, tes yeux d’or, ta barque
Et les enfants qui bougent encore au fond du sac
Marchand de rêves, va t’en plus loin
Frappe plus fort dans un silence de mort
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor

Au milieu des danseuses aux lèvres recourbées
On voit les ongles, les doigts, de ceux qui sont tombés
De ceux qui sont tombés

Marchand de rêves, va t’en plus loin toujours
Avec ta barque sur la grève
Marchand de rêve, laisse tomber au fond du sac
Les têtes coupées qui chantent encore.
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues

Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Au milieu des danseuses aux lèvres recourbées
On voit les ongles, les doigts, de ceux qui sont tombés

Marchand de rêve, va t’en plus loin encore
Jeter ta poudre dans les yeux d’or
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor

Au milieu des danseuses aux lèvres recourbées
On voit les ongles, les doigts, de ceux qui sont tombés

Marchand de rêve, va t’en plus loin encore
Jeter ta poudre dans les yeux d’or
Y a plus personne debout dans les rues d’Angkor
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues
Y a plus personne debout dans les rues

Pas de nom *


45 tours sorti en 1977 avec « Pas mal de journées sont passées » sur la face A et « Pas de Nom » sur la face B. Les versions de ces deux titres de cette édition sont différentes de celles figurant sur l'album "Le train du soir" où elles apparaîtront quatre ans plus tard, en 1981. Ces deux titres ne seront pas réédités en CD.


Tu t’en vas
Et tu n’as pas de nom
Pas de maison
Pas de ride au front
Tu t’en vas
Tu ne laisses rien
Et par endroit
Tu brûles l’herbe du chemin

Tout ce qui t’appartient
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le donner
Aux chiens

Et dans ton sac
Une vipère pleure
Un arbre craque
Le vent se lève à l’heure
Tout ce qui t’appartient
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le donner
Aux chiens

Tu t’en vas
Et tu n’as pas de nom
Pas de maison
Et pas de ride au front
Tu t’en vas
Tu n’en auras jamais
Mais souviens-toi
Souviens-toi de ce que t’es
Tout ce qui t’appartient
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le donner
Aux chiens

Les loups *

Dans une rue de Londres
Un museau sort de l’ombre
Et l’enfant qui rentre chez lui
Raconte ce qu’il a vu

Je marchais dans la rue,
Dans la rue, dans la rue
Quand je les ai vus
Tous pareils
De longues oreilles
Le poil rayé comme des abeilles

C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
A leur coup, pas de collier
Pas de montre à leur poignet
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
Venus du bout du monde
Et leurs poches sont pleines de bombes

Je marchais dans la ville
Dans la ville, dans la ville
Quand je les ai vu
Longue file
Plus de dix mille
Les crocs luisants comme des fossiles

C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
A leur coup, pas de collier
Pas de montre à leur poignet
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
Avec eux, y’a jamais de fin
Viennent toujours quand ils ont faim

Le soir quand tu t’endors
Tu t’endors, tu t’endors
Pense encore
Qu’ils sont là, dehors
Leurs grands yeux d’or
Ils poussent des cris de plus en plus fort

C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
A leur coup, pas de collier
Pas de montre à leur poignet
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
Venus du bout du monde
Et leurs poches sont pleines de bombes

C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
A leur coup, pas de collier
Pas de montre à leur poignet
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
Avec eux y’a jamais de fin
Reviendront quand ils auront faim

C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups
C’est les loups

Quand les jours se suivent

Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
En entier, sans rien omettre
Sans oublier de mettre
Ce qu’il faut d’amour
D’humanité
De risque, de richesse ou de pauvreté
Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent

Alors je dis : « Si ces jours
Sont des jours d’amour,
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours »

Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
En entier, sans rien omettre
Sans oublier de mettre
Ni le poivre et le sel
Des jours les plus noirs
Ni le sucre et le miel
Des jours d’espoir
Quand les jours se suivent
Comme dans les pages
Les pages d’un livre
Quand il faut toujours
Toujours les compter
Comme les pions
Sur le bord de l’échiquier

Alors je dis : « Si ces jours
Sont des jours d’amour
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours »

Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Peut-être, ça vaut la peine
De les vivre toujours
Quand les jours

Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent
Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent
Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent
Comme des bêtes qui tirent le soc
Quand les cornes s’entrechoquent

Le train du soir

Pour tous ceux qui n’ont plus de raison de vivre
Qu’ils s’assoient sur le trottoir
Il reste le train du soir
Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans le noir

Y’a le train qui roule dans le noir
Comme un chien qui pleure dans un couloir
Et moi je pense à toi, et je pense

Et y’a le train qui roule dans le noir
Comme un boulet de feu dans ma mémoire

Pour tous ceux qui n’ont plus de femme, plus de maison
Plus de raison d’y croire
Il reste le train du soir
Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans ma mémoire

Y’a le train qui roule dans la nuit
Comme un chien qui pleure dans un taudis
Et moi je pense à toi, et je pense

Et y’a le train qui roule dans le noir
Comme un boulet de feu dans ma mémoire
Et moi je pense à toi, et je pense
Et je pense

Et y’a le train qui roule dans le noir
Comme un boulet de feu dans ma mémoire

Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans ma mémoire

Et y’a le train qui roule dans le noir
Comme un magicien dans son habit noir
Qui crache le feu
Qui crache le feu

Comme tous ceux qui ont tout perdu, plus d’espoir
J’ai pris mon billet ce soir
Pour le train du soir
Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans ma mémoire.

Y’a le train qui roule dans le noir
Comme un chien qui pleure dans un couloir
Et moi je pense à toi, et je pense

Et y’a le chien qui roule dans le noir
Et personne m’attendra ce soir
Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans ma mémoire

Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans ma mémoire
Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans ma mémoire

Roule, roule
Qui roule, qui roule dans le noir
Qui roule, qui roule dans ma mémoire

Musique dans la tête *

Tu as choisi de vivre comme un Jésus de bazar
Qui se laisse tomber dans les trous du hasard
Mais y’a plus de miracle, aujourd’hui c’est comme hier
T’es la même fourmi dans la même fourmilière

T’as choisi de vivre à l’écart des connards
Et de te taire, plus parler, pas bavard
C’est toujours la même histoire
Tu te cognes la tête au plafond
Comme quand tu portais des complets veston

Mais t’as la musique,
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
Dans la tête

Mais tu penses à quoi, t’as posé sur la table
C’est la photo d’un groupe minable
Y’a la radio qui passe, la voix d’un copain d’hier
Et tu te lèves, tu renverses ta bière

Mais t’as la musique,
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
Dans la tête

Dans le frigidaire, t’as la viande, t’as la bière
Y’a ton chien qui hurle à la grille
Mais y’a rien de changé, aujourd’hui c’est comme hier
Y’a ta femme qui pleure dans l’église

Et t’as la musique,
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
T’as la musique
Dans la tête

Le masque sur le mur

Il a tout vendu, tout donné
Dans la maison abandonnée
On entend ses pas résonner
Y a plus qu’une ampoule allumée
Y a plus qu’une ampoule

Et y a le masque sur le mur
Qui fait froid dans le dos
Qui fait froid dans le dos
Et y a le masque sur le mur
Qui dit jamais un mot
Qui dit jamais un mot
Non, qui dit jamais un mot
Qui dit jamais un mot

Il a tout vendu, tout donné
L’a juste gardé que son collier
Qui vient des Indes
La dernière page de son cahier
Tu peux pas lire, tout est rayé
Tu peux pas lire

Et y’a le masque sur le mur
Qui fait froid dans le dos
Qui fait froid dans le dos
Et y’a le masque sur le mur
Qui dit jamais un mot
Qui dit jamais un mot
Non, qui dit jamais un mot
Qui dit jamais un mot

Quand il est parti, là-bas
Il savait pas, savait pas
Qu’on en revient pas
On en revient pas

Il a tout donné, tout vendu
Y a qu’une photo qui reste pendue
Avec des femmes, des enfants nus
C’est là-bas qu’ils se sont connus
C’est là-bas qu’ils se sont

Et y’a le masque sur le mur
Qui fait froid dans le dos
Qui fait froid dans le dos
Et y’a le masque sur le mur
Qui dit jamais un mot
Qui dit jamais un mot
Qui dira jamais un mot
Qui dira jamais un mot

Quand il est parti, là-bas
Il savait pas, savait pas
Qu’on en revient pas
On en revient pas
On en revient pas
On en revient pas
On en revient pas

Marin'bar

Elle mange des peaux de bambou
Vous lui avez parlé de vous
Puis dans un bungalow
Sur le mur y’a son vélo

Elle a pas peur des poissons
Ni des requins du lagon
Elle met ses dollars américains
Dans son maillot de bain

Elle mange du riz, des gâteaux
Fait tomber les noix de coco
Se lève à six heures du soir
Et va s’asseoir au Marin’bar

Elle ramasse des coquillages
C’est la plus belle, la plus sage
T’oublieras pas son visage
C’est la plus belle de la plage

Au Marin’bar
Si tu veux la voir
T’as plus qu’à t’asseoir
Au Marin’bar

Au Marin’bar
Elle est là tous les soirs
T’as plus qu’à t’asseoir

Quand elle est née, y’avais rien
Pas de soldats américains
Maintenant elle a des copains
Dans tous les hôtels du coin

Le soir elle rentre en voiture
Elle dort dans une couverture
Entre sa sœur et sa mère
Dans sa vie, y’a pas de mystère

Elle mange du riz, du poisson
Elle embrasse tous les garçons
Se lève à six heures du soir
Et va s’asseoir au Marin’bar

C’est la plus belle, la plus sage
Elle ramasse des coquillages
Tu n’oublieras pas son visage
C’est la plus belle de la plage

Au Marin’bar
Si tu veux la voir
T’as plus qu’à t’asseoir
Au Marin’bar

Au Marin’bar
Elle est là tous les soirs
T’as plus qu’à t’asseoir

Elle mange du riz, du poisson
Elle embrasse tous les garçons
Se lève à six heures du soir
Et va s’asseoir au Marin’bar

C’est la plus belle, la plus sage
Elle ramasse des coquillages
Tu n’oublieras pas son visage
C’est la plus belle de la plage

Au Marin’bar
Si tu veux la voir
T’as plus qu’à t’asseoir
Au Marin’bar

Au Marin’bar
Elle est là tous les soirs
T’as plus qu’à t’asseoir
Au Marin’bar

Les rendez-vous d’automne *

Où sont passés les rendez-vous d’automne
Et le jour, la pluie, les enfants qui frissonnent?
Que sont devenus les rendez-vous d’automne
Les secrets, les gelées du matin, les jardins déserts?

Y’a des bras qui se tendent
Y’a des troncs qui se fendent
Et toi tu casses des briques
Tu te fous du jardin
T’as du sang plein les mains
Tu rêves de l’Amérique

Y’a des jours tu voudrais
Qu’on se dise des secrets
Qu’on se raconte des histoires
Qu’on envoie des bateaux
Sur des lacs en roseaux
Dans les jardins du soir

Que sont devenus les rendez-vous d’hiver,
Et le froid, l’enfant qui souffle dans ses doigts?
Que sont devenus les rendez-vous d’hiver,
Les barrières gelées, les lacs, les lunes neigeuses?

Y’a des jours t’en peux plus
Mais le cauchemar continue
Tu as le cœur qui bat tout le temps
Les fumées, les brouillards
Et les mains des vieillards
Qui caressent les enfants

Tu te souviens des allées
Des troncs des marronniers
Et des kiosques à musique
Dans le ciel tout là-haut
Tu regardes les oiseaux
Voler vers l’Amérique

Que sont devenus les rendez-vous d’automne
Et le vent, et le vent?

Y’a des bras qui se tendent
Y’a des troncs qui se fendent
Et toi tu casses des briques
Tu te fous du jardin
Tu as du sang plein les mains
Tu rêves de l’Amérique

Y’a des jours t’en peux plus
Mais le cauchemar continue
Tu as le cœur qui bat trop vite
Dans le ciel tout là-haut
Tu regardes les oiseaux
Voler vers l’Amérique
Voler vers l’Amérique
L’Amérique

Les îles de la sonde

T’as pas vu les îles de la Sonde
Les poissons volants qui retombent
Sur le fond de la barque ronde
T’as pas vu les îles de la Sonde

T’as pas vu les îles de la Sonde
Les femmes au sourire de Joconde
Comme au premier matin du monde
T’as pas vu les îles de la Sonde

Mais tu peux partir quand même
Y a des poissons qui t’emmènent
Poissons d’argent, poissons volants
Poissons de feu, poissons de glace
Poissons aux ongles qui cassent

Tu n’as pas vu les îles de la Sonde
Elles t’attendent à l’autre bout du monde
Moitié dans l’eau, moitié dans l’ombre
Moitié dans l’eau, moitié dans l’ombre

Mais tu peux partir quand même
Y a des poissons qui t’emmènent
Poissons d’argent, poissons volants
Poissons qui plongent, poissons qui nagent
Poissons venus du fond des âges

Poissons aux longues chevelures
Dauphins bleus sur fond d’azur

Manteau rouge

Puisqu’on m’a demandé de tenir son bras
Et de voir l’aiguille s’enfoncer
On n’a pas toujours de la chance
On se penche, on tombe, on avance

On enfile le manteau rouge
Et les arbres bougent et le ciel va tomber
On sait pas, demain, ce soir
Quel jour, quelle heure, ça va s’arrêter

On se cache, on rampe, on avale
On se donne du mal à tenir debout
On regarde en face, et le danger passe
Alors y a qu’à tendre le cou

De l’autre côté de la frontière
Où les bananiers sont tombés
On trouve des casques et des civières
Des jeeps, des brancardiers

On est tous pareils, on n’a rien d’autre à faire
Que d’écrire sur un bout de papier
La vie qu’on mène à l’autre bout de la terre
Pendant qu’on voit les bombes tomber

Mais, de l’autre côté de la rivière
T’as des hommes qui mangent des chiens
Des femmes qu’ont peur de la lumière
Qu’ont plus de lait dans les seins

On se dépêche, on arrive et on passe devant
Y a p’être quelque chose à voir
On s’arrête au bord du trou brûlant
Y’a quelqu’un qui vend à boire

On enfile le manteau rouge
Et les arbres bougent et le ciel va tomber
On sait pas demain, ce soir
Quel jour, quelle heure ça va s’arrêter.

On se cache, on rampe, on avale
On se donne du mal à tenir debout
On regarde en face, et le danger passe
Alors y a qu’à tendre le cou

Mais de l’autre côté de la frontière
Où les bananiers sont tombés
On n’a pas toujours de la bière
On se demande ce qui s’est passé

Mais, ferme les yeux, éteint la petite lumière
Qu’on se souvienne plus de rien
Ni des femmes tombées dans les rizières
Ni des enfants morts de faim

Un jour dans un fauteuil avec un cigare
Au bord de la Méditerranée
T’as des tas de gens qui viendront pour me voir
Pour me demander de raconter

Mais y aura rien de plus pourri que ma mémoire
Je saurai même plus compter
Ma vie sera plus qu’un grand trou noir
Avec des cadavres enterrés

On enfile le manteau rouge
Et les arbres bougent et le ciel va tomber
On sait pas, demain, ce soir
Quel jour, quelle heure, ça va s’arrêter

On se cache, on rampe, on avale
On se donne du mal à tenir debout
On regarde en face, et le danger passe
Alors y a qu’à tendre le cou

On enfile le manteau rouge
Et les arbres bougent et le ciel va tomber
On sait pas, demain, ce soir
Quel jour, quelle heure, ça va s’arrêter

On se cache, on rampe, on avale
On se donne du mal à tenir debout
On regarde en face, et le danger passe
Alors y a qu’à tendre le cou

Il faut toujours se dire adieu

Il faut toujours se dire adieu
Et devant les jardins déserts
Se regarder partir,
Ramasser le mouchoir qui tombe à terre
Et tourner le dos.
Il faut toujours se dire adieu,
Remettre son sort entre les mains de Dieu
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose.

Il faut toujours se dire adieu
Et devant les arbres mouillés,
Se regarder comme on est
Et tourner le dos.
Il faut toujours se dire adieu,
Remettre son sort entre les mains de Dieu
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose.

Il faut toujours se dire adieu,
Remettre son sort entre les mains de Dieu.
Il faut toujours se dire adieu.

L’atelier du crabe

(…)