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jeudi 16 juillet 2009

Comme un Lego

C’est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d’argent
La lunette d’un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent
Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant les siècles égyptiens
Péniblement
Porter mille fois son poids sur lui
Sous la chaleur et dans le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants
Voyez-vous ces êtres vivants
Voyez-vous ces êtres vivants

Quelqu’un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un Lego avec du vent
La faiblesse des tout-puissants
Comme un Lego avec du sang
Force décuplée des perdants
Comme un Lego avec des dents
Comme un Lego avec des mains
Comme un Lego

Voyez-vous tous ces humains
Danser ensemble à se donner la main
S‘embrasser dans le noir à cheveux blonds
À ne pas voir demain comme ils seront
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Facettes d’un même miroir
Vêtues d’acier, vêtues de noir
Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego

Facettes d’un même miroir
Vêtues d’acier, vêtues de noir
Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego

Pourquoi ne me réponds-tu jamais
De ta retraite sous ton arbre
Depuis ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer seul dans une cage
A voir le monde de si haut
Comme un insecte mais sur le dos
Comme un insecte mais sur le dos
Comme un insecte

C’est un grand terrain de nulle part
A la lunette d’un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans
On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant les siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence

Chaînes

Otez-moi ces chaînes que je vois la ville
Que je connaisse encore ces reines de beauté
Qui défilaient la nuit sur des chars allumés
Tandis que des capsules de bramas éventés
Jonchaient le macadam dans l’asphalte incrusté
Comme autant de médailles qui les auraient tentés
Comme autant de médailles
Otez-moi ces chaînes que je vois la ville

Otez-moi ces chaînes
Que je redonne goût
A ce que je goûte
Que je vois la chenille
Au dessus de (…)
(…)
De ce monde tout à côté
Et les millions de familles
Se glisser

Otez-moi ces chaînes que je vois les eaux
Que je connaisse encore la mer démontée
Où je me suis baigné dans les docks et les ports
Couvert de (…) aux lèvres ciselés
Comme l’or des incas que l’on voit ruisseler
Jusqu’au (…) que l’on voit ruisseler
Otez-moi ces chaînes que je connaisse encore

Otez-moi ces chaînes que je les vois danser
Ces reines de la nuit sur leurs chars entrelacés
Couvertes de pierres et de rubis et de satin moiré
(…) ils se soulèvent dans le jour va monter
(…) ils soulèvent dans le jour

Otez-moi ces chaînes que je les vois qui se promènent
Otez-moi ces chaînes que je les vois qui se promènent
Dans le jour qui se lève, qui s’est déjà levé
Dans le jour qui se lève

Le coureur arrêté

Salle des pas perdus
Salle des pas trouvés
Et des mégots déchus
Aux anges révoltés
Sur des banquettes creuses
Aux siéges arrachés
Dans une gare obscure
Cathédrale rieuse

Cathédrale rieuse
Comme une fleur exquise
Sur sa tige dressée
Dans l’urine des chiens
Lorsque les papiers volent
Que le marcheur se souvient
Qu’il a souvent marché
Et qu’il ne marche plus
Et le voilà courbé

C’est un musée de cire
Où s’ébranlent les trains
On dit que ce coeur bat
Que ce poumon respire
Mais
Quand se grattent les fées
Et se mouchent les princes
Dans l’avenant zéphyr
Qui vient par les travées
De ce nouvel empire
Ouvert la nuit, le jour
Sous les lampes amies
Et le marbre toujours

Lorsque le coureur tombe
Il est midi peut-être
Et la foule des quais
Grimace sous la pluie
Sans lui parler jamais
Sans le panser non plus
Quand sa nuque craquait
Comme une lame bleue
Comme un pot de miel
Qui le pénétrerait

On dit
On dit que ce cœur bat
Que ce poumon respire
Mais ce qu’on ne dit pas
C’est pour combien de peu

Alors il se rhabille
Ou bien on le ramasse
Dans ce musée de cire
Un visage prend place
Qui fut lui autrefois
Se penche et puis l’embrasse
Mais comme on ne meurt pas
Dans la continuité
D’éternelles caresses
Le coureur se dilue
Et puis bientôt se dresse
Tandis que tout s’éteint
Tandis que tout s’éteint

Salle des pas perdus
Salle des pas trouvés
Et des mégots déchus
Aux anges révoltés
Sur des banquettes creuses
Aux sièges arrachés
A demi renversés
Dans une gare obscure

Cathédrale rieuse
Comme une fleur exquise
Sur sa tige dressée
Dans l’urine des chiens
Lorsque les papiers volent
Le marcheur se souvient
Qu’il a souvent marché
Et qu’il ne marche plus
Et le voilà courbé
Dans l’immobilité

C’est un musée de rire
Où s’ébranlent les trains
On dit que ce coeur bat

Lorsque le coureur dort
Dans son geste arrêté
Il est midi dehors
Il est midi toujours
On dit que c’est la ville
Et le balayeur passe
Qui va de place en place
Jaune phosphorescent
Dans la graisse et le sang
Dans l’essence et la crasse
La poussière et le vent
Et le balayeur passe
Jaune phosphorescent

Et le balayeur passe
On dit que c’est la ville
Et ses bennes bruyantes
Et le balayeur chante

Et le balayeur passe
Qui va de place en place
Jaune phosphorescent
Dans l’essence et la crasse
La poussière et le sang
Et le balayeur passe
Jaune phosphorescent

Et le balayeur passe
On dit que c’est la ville
Et ses bennes bruyantes
Et le balayeur chante

Comme le buvard boit l’encre

A quoi mènent
Les règnes
Les rois
Les reines
Les bouffons
Se défont
Quand même

A quoi riment
Les rimes
Les sonnets
Les versets
Les larmes
Qu'on versait

J'ai laissé
Passer
Le passé
Les saisons
La maison
Dérive
Dérive

Comme le buvard boit l'encre
Comme la fissure au sol
S'ouvre et se fait belle
Comme le buvard boit l'encre

Que ce soit
Ton nom
Ton front
Ta salive
Sècheront
Sècheront

A quoi servent
Les phrases
Les verbes
Les brins d'herbe
Qu'on écrase
La foule
Qu'on foule

Comme le buvard boit l'encre
Comme la fissure au sol
S'ouvre et se fait belle
Comme le buvard boit l'encre

J'ai laissé
Passer
Le passé
Les saisons
La maison
Dérive
Dérive
Comme le buvard boit l'encre

Capitaine courageux

Chevelure des ombres mortes
Dans la nuit qui les emporte
Par-delà le vide immense
Entre ténèbres et silence
Chevelure des ombres danse
Que plus un vivant ne sorte
Chevelure des ombres mortes
Que plus un vivant ne sorte
Dans les couloirs, les cohortes
Emmèneront vers le vide
Le navire translucide
Capitaine courageux
Dans l'univers nuageux
Ciel sans fin, poussière du monde
Que la vérité profonde
Poursuit pour l'éternité
Dans le cargo percuté
Dans le cargo percuté
Sur le flanc, sur le côté
Dans le delta d'Andromède
Chevelures belles ou laides
Retombent sur le navire
Comme poulpe des abîmes
Chevelures des algues bleues
Comme guerriers immobiles
Mécanique trop fragile
Des corps humains sur les tables
Ciel de fumée, vent de sable
Ciel sans fin, poussière du monde
Noir d'abysse, boucles blondes
Des enfants dans leur sommeil
Dans une ruche sans abeille
Et le navire continue
Allant dans sa coque nue

Si seulement t'avais connu la terre
Du temps des océans et des continents verts
De la mousse, des plantes, des saisons, de la pluie
Et je pleure sur lui
Qui va dans l'océan suivant la pente
Masque blanc, vêtement d'amiante
Ciel sans fin, poussière du monde
Ciel sans fin, poussière du monde
Vivre juste une seconde
Des enfants dans leur sommeil
Dans une ruche sans abeille
Et le navire continue
Allant dans sa coque nue
Allant dans sa coque nue
Vers des mondes inconnus
Parlant d'autres univers
Sur des pupitres de verre
La tête à côté du corps
Seul un robot parle encore

Si seulement

Ciel sans fin, poussière du monde
Poussière du monde
Vivre juste une seconde
Vivre encore ce qu'il a vu
Vivre ce qu'il a vécu
Capitaine, si seulement t'avais connu la terre
Du temps des océans et des continents verts
De la mousse, des plantes

Capitaine courageux
Dans l'univers orageux
Poursuit pour l'éternité
Dans le cargo percuté

Dans le delta d'Andromède
Chevelures belles ou laides
Retombent sur le navire
Comme poulpe des abîmes
Comme poulpe des abîmes
Comme poulpe

Capitaine, que le vide entraîne
Sous les étoiles comme pollen
Ta peine
Capitaine
Comme pollen
Dans le grand tumulte des cieux
Comme
Comme pollen
Dans le grand tumulte

Le chant du cygne

Monte dans l’air du soir
Comme une mélodie
Un parfum d’encensoir
De paradis
Et ce que l’on croit voir
Les fumées qui s’alignent
Ce sont les ailes noires
Le chant du cygne
Sur le grand étang
On sent le vent
Soulevant
Les membres des enfants
Comme ludions
Comme ludions
Ce sont eux qui seront
Légions, légions

Monte dans l’air du soir
Comme une symphonie
Escalier dans le noir
Où l’on s’appuie
Et ce que l’on croit voir
Ce qu’une main désigne
Ce sont les ailes noires
Le chant du cygne
Sur le grand étang
On sent le vent
Soulevant
Les membres des enfants
Comme ludions
Comme ludions
Ce sont eux qui seront
Légions, légions
Ce sont eux qui seront
Légions

Ce sont eux qui seront
Légions, légions


Monte dans l’air du soir
Comme dans l’ascenseur
Vers les ténèbres noires
Une douceur
Jusqu’au dernier instant
Il faudra être digne
Laisser venir le chant
Le chant du cygne
Sur le grand étang
On sent le vent
Soulevant
Les membres des enfants
Comme ludions
Comme ludions
Ce sont eux qui seront
Légions, légions

Ce sont eux qui seront
Légions, légions
Ce sont eux qui seront
Légions, légions

Camion bâché

Camion dans la nuit
Camion bâché
Comme un ballon lâché
D'illusions, d'espoirs
Et le sang taché
Sangles attachées
Ne plus rien vouloir
D'une époque à vomir
Ne plus rien dire
Rouler dans le noir
Par les rêves attaqués
Sur les bas-côtés
Du désespoir

Camion dans le noir
S'en va ce soir
Pour ne plus revenir
Sur la banquette arrière
De skaï noir
Un enfant respire
Une fille aux yeux clairs
Aux membres fragiles
Dort dans un linge
Comme une plume d'ange
Dans un lange
Tombé des cieux

Et dans le bruit des essieux
Le vacarme d'enfer
Du camion de fer

Camion dans la nuit
Que savez-vous de lui
De ce qu'il laisse encore
De tristes décors
Piétiner le reste
Quand le monde a la peste
Ce qu'il lui reste
C'est la forme endormie
Dans une couverture
Sur la banquette dure
C'est la seule figure
Le seul paysage
Debout comme un mirage
Le visage de l'ange
Qui dort dans son lange
Tombe des cieux

Et dans le bruit des essieux
Le vacarme d'enfer
Du camion de fer
Camion

Tout ce qu'il lui reste
Quand le monde a la peste
C'est la forme endormie

Camion dans la nuit
Camion blindé
Depuis tant d'années
Tant de coups bas
Sans lumières et sans mats
Lampes arrachées
Camion s'en va
D'une époque à vomir
L'histoire dira
Ce qu'il faut retenir
Sur un tronc d'acacias
Hurlement de pneus
Vitre en éclats

Camion broyé
Et sur son cahier
Trois lignes encore
Trois mots rayés
Les trois mots d'un noyé
Dont on repêche le corps
Par une nuit sans lune
Une main passée
Dans les boucles brunes
Sur le front de l'ange
Dans son lange
Tombé des cieux

Et dans le bruit des essieux
Le hurlement d'enfer
Du camion de fer

Camion dans la nuit
Camion brisé
Vitres irisées
Jonchant le sol
Dans un creux chemin
Ecrasant la main
Dont l'âme s'envole
Qui respire encore
Comme ensorcelé
Caressant le corps
Et la nuque grise
D'adulte broyé
Où les os se brisent
Dans le camion bâché
Eclaté devant
Où passe le vent
Pour aller sécher
Le front de l'enfant
De larmes mouillé

Dans le camion bâché
Eclaté devant
Où passe le vent
Pour aller sécher
Le front de l'enfant
De larmes mouillé

Camion sanctifié
De terre soulevé
Droit vers les cieux
Le reste effacé
L'arbre enfoncé
En son milieu
L'habitacle ouvert
Sur le tapis vert
De mousse indolore
L'ange aux cheveux clairs
Regarde son père
Conduire encore

Camion dans la nuit
Camion
Camion
Camion
Camion
Camion

Chambres d’Asie

Chevelures des fenêtres fermées des chambres d’Asie
Papier des murs des chambres des hôtels moisis
Chevelures des rideaux déchirés, des néons tristes
Et plus rien d’autre pour te prouver que tu existes
Et plus rien d’autre pour te prouver que tu existes
Non, plus rien d’autre pour te prouver que tu existes

Chevelures des fenêtres fermées des chambres d’Asie
Papier des murs des chambres des hôtels moisis
Chevelure immobile et chaude des longues nuits
Draps mouillés de tous les cris des odeurs du temps qui fuit

Chambres d’Asie
Retournes-y
La nuit le jour
Murs moisis
Peau de velours

Chevelures des fenêtres fermées des chambres d’Asie
Papier des murs des chambres des hôtels moisis
Chevelure immobile et chaude des longues nuits
Draps mouillés de tous les cris des odeurs du temps qui fuit

Chevelure des rideaux tirés des fenêtres closes
Le reflet dans les glaces des murs des corps qui reposent
Bruit des clés des barreaux des portes de fer
Le couloir allumé le jour et la nuit comme en en enfer

Comme en enfer
Mais comment faire
Retournes-y quand même
Murs moisis
Où l’on te dit qu’on t’aime

Chevelures des fenêtres fermées des chambres d’Asie
Papier des murs des chambres des hôtels moisis
Souvenir inutile et triste des longues nuits
Et mordre dans les draps des chambres d’Asie
Comme on mord dans un fruit

Chambres d’Asie
Retournes-y
Un jour ou l’autre
Emmènes-y
La peau d’un autre

Papier des murs des chambres des hôtels moisis
Chevelure immobile et chaude des longues nuit
Et mordre dans les draps des chambres d’Asie
Comme on mord dans un fruit

Chevelures des fenêtres fermées
Papier des murs des chambres
Chevelure immobile et chaude
Draps mouillés de tous les cris

Chevelure des rideaux tirés des fenêtres closes
Le reflet dans les glaces des murs
Bruit des clefs des verrous des barreaux
Les couloirs allumés les jours et la nuit
Papier des murs des chambres

mercredi 15 juillet 2009

Comme un guerrier

Comme un guerrier
Qui perd son bras
Son œil au combat
A chercher le choc
Fendre le roc
Comme un guerrier qui tombe
Un pied dans la tombe

On se fait mal
Et sifflent les balles
Le vent, la mitraille
Le pont, les rails
Dessous la rivière
Rapide et fière
Rapide et fière

Une barque t’attend
Et l’indienne est dedans
Avec ses cheveux noirs
Ses dents d’ivoire
On a rien à se dire
Ensemble, on va fuir
Ensemble, on va fuir

Comme un guerrier,
Le crâne bandé
Qu’a plus qu’une heure à vivre
Sur la toile du sac
Au fond du hamac
Quand la fièvre monte
C’est comme un guerrier qui raconte sa vie

Nous prendrons nos fusils
Marcherons sur l’Asie
Afin de voir s’ils sont heureux
Afin de voir s’ils sont heureux

Comme un guerrier
Condamné, condamné
Le crâne rasé
Sous la pluie, l’averse
Y a le pont qui traverse
Dessous la rivière
Rapide et fière

La barque t’attend
Et l’indienne est dedans
Avec les fusils
De la poudre et du plomb
Et y a le garçon blond
Qu’on traîne avec soi
Malgré ses cheveux de soie

Nous prendrons nos fusils
Nous savons nous battre aussi
Afin de voir s’ils sont heureux
Afin de voir s’ils sont heureux

Comme un guerrier
Qui perd son bras
Son œil au combat
Mais quand tu t’éveilles
Que tu vois la bouteille
La lampe brisée
Sous la moustiquaire

Alors, t’as perdu la guerre
Et l’indienne est partie
Elle a jamais vu la mer
Tu lui avais promis
Elle en a marre de la misère
Elle voulait voir les lumières
Elle voulait voir les lumières de la ville

Comme un guerrier
Condamné, condamné
Avec son œil de verre
Mangé par les vers
Percé de flèches empoisonnées
Condamné, condamné
Avec les ailes brisées

Tu resteras seul
Avec des mouches plein la gueule
Les semelles collées
Tu sentiras dans ton dos
Glisser les anneaux
Du serpent froid
Ce sera la dernière fois

Sur la grande rivière
Le paradis sur la Terre
T’as l’indienne qui court
Qui hurle à l’amour
Aux pierres et aux ronces
Y’a pas de réponse
Y’a pas de réponse

Alors, tu te sens si vieux
La main devant les yeux
Le mal te guette
Sous le million d’étoiles
Tu pleures
Tu pleures sur le sac de toile

Cheval cheval *

Cheval d’hier
Avec tes yeux verts
Cheval d’un soir
Avec tes yeux noirs
Cheval, cheval
Pour ce que les hommes valent

Cheval, cheval
Chevaux, chevaux
Evite-le bien, ce lasso
Ta crinière, tes yeux de veau
Le grand dessin de ton manteau
La fumée sort de tes naseaux

Cheval, cheval
Chevaux, chevaux
Evite-le bien, ce lasso
Quelqu’un derrière un rideau
T’a vu passer, pris dans ton dos
Cheval, cheval
Chevaux, chevaux

A côté d’un cheval, qui de nous
Peut vivre un seul instant sans se rompre le cou ?
A côté d’un cheval, qui de nous
Peut vivre quand quelqu’un le tient par le cou ?
Non, non, non
Non, non, non
Non, non, non
Non, non, non

A côté d’un cheval qui tombe à genoux
Tu verras qu’il se tient beaucoup mieux que nous
A côté d’un cheval qui comprend tout
Tu peux monter dessus
Tu peux monter dessous
Non, non, non
Non, non, non
Non, non, non
Non, non, non


Non, non

A côté d’un cheval, qui de nous
Peut vivre un seul instant sans se rompre le cou ?
A côté d’un cheval, qui de nous
Peut vivre quand quelqu’un le tient par le cou ?
Non, non, non
Non, non, non
Non, non, non
Non, non, non

C’est un parc

C’est un parc où vont les bêtes
Et l’eau leur coule sur la tête
Au milieu, des chevaux légers
Les animaux sont mélangés

C’est un piège où tomberont
Nos enfants quand ils grandiront
Et quand le chasseur s’en ira
Sur une civière, on dira

C’est un parc où vont les bêtes
Et quelqu’un s’en souvient peut-être
Les fruits trop murs, les arbres creux
C’était le verger du Bon Dieu

C’est un parc où vont les bêtes
Et l’eau leur coule sur la tête
Au milieu des chevaux sauvages
Chacun se cabre sous l’orage

C’est un piège où tombera
Le loup, le chien, l’homme et le rat
Et quand les chasseurs s’en iront
A genoux, nous leur chanterons

C’est un parc où vont les bêtes
Et quelqu’un s’en souvient peut-être
Les fruits trop murs, les arbres creux
C’était le verger du Bon Dieu

Celui qui marche devant *

Celui qui marche devant
Tu le connais depuis longtemps
Tu le vois de dos et dedans
Il chante dans le mauvais temps
Et ça n’est pas toi qui l’entends
Ça n’est jamais le bon moment

Il poussait ses amis jadis
Il n’est plus rien, le sol est lisse
La route noire comme un réglisse

Les arbres témoins d’autrefois
Lui font de leurs cheveux de bois
Le soleil et l’ombre à la fois

Tu ne l’aimes plus beaucoup
Mais tu le suivras jusqu’au bout

Souviens-toi, quand tu l’as connu
Que si souvent vous alliez nus
Vois ce qu’il est devenu

C’est toi qui traînes la valise
Des années que tu y as mises
Le temps sur toi n’a plus de prise

Il reste le cuir et la peau
La veste du manteau
Que tu lui mettais sur le dos

Ferme les yeux, repenses-y
Que ton cœur te fasse mal aussi
Comme le sien d’en être ici

Tu ne l’aimes plus beaucoup
Mais tu le suivras jusqu’au bout
Des souvenirs
Jusqu’au bout
Jusqu’au bout

Celui qui marche devant
Tu le connais depuis longtemps
Tu le connais depuis longtemps
Tu le connais depuis longtemps

Celui qu’il sera demain *

Les gens changent, les choses passent
Je m’en vais en rêve
Je recolle ce que j’avais de bien, de bon
Ce qu’il en est, je m’en vais

Regarde bien
Celui qu’il sera demain
Celui qu’il sera bientôt
Et tiens toi droite comme un drapeau
Regarde-le
Aime-le sans dire un mot

Le temps n’est rien
Qui nous pousse dans le dos
Qui nous pousse dans le dos
Qui nous

mardi 14 juillet 2009

Caesar * - version française



Pochette du 45 tours.
« Caesar » - comme beaucoup d'autres - a connue plusieurs destins : 45 tours biface hors commerce de 1970 ; réédité en 1976 dans un coffret hors commerce à 500 ex ; en 45 tours monoface ; mis dans le commerce en 1982, dans le coffret "Manset" de trois 33 tours, coffret lui-même réédité en 1984 sous le nom de « Trio ». Ces deux titres ne seront jamais réédités en CD.


Une époque entre deux ages,
Des gens heureux,
Lisez le message
D’un règne en tout point semblable
A celui des dieux
La vie périssable
De Caesar
Caesare
De Caesar

Quand pour lui l’océan se calme
Sous ses navires
Coule l’huile de palme
Quand les vagues pourpres s’avancent
L’horizon chavire
Caesar avance

Caesar
Caesare
Caesar
Caesare
Caesar
Caesare

Les contreforts antiques
Alignés sur le continent
Sur les rives d’Afrique
Asséchés les marais salants
De la terre ocre d’occident
Les mains tendues vers celui qui n’aurait déjà plus
Les vaisseaux et les (…) déchus
Rejaillissant sur lui, le vaincu
De Caesar
Caesare
De Caesar

Sur son lit de mort debout
Pas de cheminée
Au bord des jardins, sous les douves
Partout dites vous
De son fils aîné
Peut-être demain verrons nous
Nos enfants levés
Le glaive sur nous
De Caesar
Caesare

Caesar * - version latine


Pochette du 45 tours biface (faces identiques) hors commerce Caesar, version latine. Réédité en 1976 (45 tours monoface référence SP 467) dans un coffret hors commerce limité à 500 exemplaires, sous pochette titrée « 1970 Caesar ». Mis dans le commerce en 1982, dans le coffret « Manset » de trois 33 tours (coffret réédité en 1984, sous l'intitulé « Trio »). Pas de réédition CD à ce jour.

(1) 45 tours biface hors commerce de 1970.
(2) Réédition de 1976 dans un coffret hors commerce à 500 ex, en 45 tours monoface. Mis dans le commerce en 1982, dans le coffret "Manset" de trois 33 tours (réédité en 1984 en "Trio"). Jamais repris sur CD.


Cupidum imperii Caesare
Ciuitatissent
A Caesare regnum Galiae
Intellexissent
Caesar
Caesare,
Caesar

Ubi ex captiuis subsidio
Copiae consendissent
Cohortibus decem praesidio
Nauibus essent

Caesar Caesare
Caesar Caesare
Caesar Caesare

Communi consilio
Ex continenti
Rem esse testimonio
Sesse mederi
In Galiae morari
Sed esse Galiae communi concilium
Omnibus hibernis Caesaris regnum
Filius et fratris filius
A Caesar
Caesare
Caesar

Cupidum imperii Caesare
ciuitatissent
A Caesare regnum Galiae
Intellexissent
Caesar
Caesare
Caesar