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mercredi 15 juillet 2009

Les îles de la sonde

T’as pas vu les îles de la Sonde
Les poissons volants qui retombent
Sur le fond de la barque ronde
T’as pas vu les îles de la Sonde

T’as pas vu les îles de la Sonde
Les femmes au sourire de Joconde
Comme au premier matin du monde
T’as pas vu les îles de la Sonde

Mais tu peux partir quand même
Y a des poissons qui t’emmènent
Poissons d’argent, poissons volants
Poissons de feu, poissons de glace
Poissons aux ongles qui cassent

Tu n’as pas vu les îles de la Sonde
Elles t’attendent à l’autre bout du monde
Moitié dans l’eau, moitié dans l’ombre
Moitié dans l’eau, moitié dans l’ombre

Mais tu peux partir quand même
Y a des poissons qui t’emmènent
Poissons d’argent, poissons volants
Poissons qui plongent, poissons qui nagent
Poissons venus du fond des âges

Poissons aux longues chevelures
Dauphins bleus sur fond d’azur

Il faut toujours se dire adieu

Il faut toujours se dire adieu
Et devant les jardins déserts
Se regarder partir,
Ramasser le mouchoir qui tombe à terre
Et tourner le dos.
Il faut toujours se dire adieu,
Remettre son sort entre les mains de Dieu
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose.

Il faut toujours se dire adieu
Et devant les arbres mouillés,
Se regarder comme on est
Et tourner le dos.
Il faut toujours se dire adieu,
Remettre son sort entre les mains de Dieu
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Parce qu’on sait pas toujours
Quand l’avion se pose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose
Et qu’on a peur de perdre
Et peur de rater quelque chose.

Il faut toujours se dire adieu,
Remettre son sort entre les mains de Dieu.
Il faut toujours se dire adieu.

Il voyage en solitaire

Il voyage en solitaire
Et nul ne l’oblige à se taire
Il chante la terre
Il chante la terre

Et c’est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaire
Pendant des journées entières
Il chante la terre

Mais il est seul, un jour, l’amour l’a quitté
S’en est allé faire un tour de l’autre côté
D’une ville où y avait pas de places pour se garer.

Il voyage en solitaire
Et nul ne l’oblige à se taire
Il sait ce qu’il a à faire
Il chante la terre

Il reste le seul volontaire
Et puisqu’il n’a plus rien à faire
Plus fort qu’une armée entière
Il chante la terre

Mais il est seul un jour, l’amour l’a quitté
S’en est allé faire un tour de l’autre côté
D’une ville où y avait pas de places pour se garer.

Et voilà le miracle en somme
C’est lorsque sa chanson est bonne
Car c’est pour la joie qu’elle lui donne
Qu’il chante la terre.

Introduction * - L'album blanc

Ne change pas
Ne change pas

Rien n’égale un ciel sans une étoile
Où rien ne changera
Où tu t’endormiras

mardi 14 juillet 2009

Ils


Pochette du 45 tours sorti en 1969 avec « Ils » en face A et « Elégie funèbre » en face B. Ces deux titres se trouvent sur le 33 tours « La mort d’Orion » ainsi que sur la réédition CD.


Ils ont le même aspect que nous
Quand nous sommes à genoux
Droits comme le temple d’Angkor
Leur tête sur leur corps
On ne nous aimera jamais
Et si la pluie coule désormais
De nos visages
Pareil au fond d’un marécage
Nos idées se libèrent
Et il nous faut tourner la page
Et il nous faut tourner la page
Il en est qui viennent au monde
En riant
On leur donne la religion
Qui passe dans la région
Si notre ciel est toujours gris
Et si notre ventre est rempli
De pourriture
Ce n’est pas tant la nourriture
Mais plutôt l’exemple
De tous les dieux de nos temples
De tous les dieux de nos temples
Il en existe deux par an
Qui cherchent
On les retrouve au fond d’un puit
Le ventre plein de pluie
On ne nous aimera jamais
Et si la pluie coule désormais
De nos visages

On ne nous aimera jamais
On ne nous aimera jamais

Si notre ciel est toujours gris
Et si notre ventre est rempli
De pourriture
Si notre ciel est toujours
Si notre ciel est toujours gris

On ne nous aimera jamais
On ne nous aimera jamais
On ne nous aimera jamais

Introduction - La mort d'Orion

Où l’horizon prend fin
Où l’œil de l’homme jamais n’apaisera sa fin
Au seuil enfin de l’univers
Sur cet autre revers
Trouant le ciel de nuit
D’encre et d’ennui profond
Se font et se défont
Les astres

Par delà les grands univers
Où les colonies de la terre
Prolifèrent

Et dans la grande nébuleuse noire
Dont, voici dix mille ans, fut l’histoire

Depuis qu’ils voulaient voir
Ce peuple fou, ailé, la nébuleuse noire
Depuis donc et déjà tant de siècles passés

Qu’ils avaient délaissé
La terre
Ce peuple solitaire
S’éprit de ses vestiges
Et voulu en revoir la tige

Or, pendant que coulaient
Tous ces millions d’années
Sur la planète mère
Les survivants damnés
Redoraient le parvis
De leur vie

Cependant que croulait interminablement
Un bruit de poussière et de vent
Et que s’affaissait le béton
Que coulait le peuple d’Orion
On a vu bien d’autres étoiles depuis
Allumées comme au fond d’un puits
Ceci remonte à bien longtemps
Sur Orion que la mort attend
Un prêtre fait asseoir les hommes à genoux
Et le peuple incompris
Prie

Orion ne reverra plus jamais le pays
Et la lune, sa sœur, aura bien loin d’ici
Des ailes comme dans un taudis
Les cieux privés de leurs dentelles
Baissent les yeux

Il rentre à 8 heures du soir *

Il rentre à huit heures du soir
Sans même dire au revoir
A ses amis qui travaillent
Sur le même chantier que lui

On dit qu’il n’est pas heureux
Qu’il n’a pas tout ce qu’il veut
Que quand il prend son dernier train
En montant dans le wagon, il a faim

Il y avait l’année dernière
Au milieu de sa misère
Une fille qui le voyait souvent
Une fille

On dit qu’il n’est pas heureux
Qu’il n’a pas tout ce qu’il veut
Mais il ne parle que d’elle
Il dit la vie est cruelle
Il voyage dans

Il rentre à huit heures du soir
Sans même dire au revoir
A ses amis qui travaillent
Sur le même chantier que lui

On dit qu’il n’est pas heureux
Qu’il n’a pas tout ce qu’il veut
Que quand il prend son dernier train
En montant dans le wagon, il a faim

Il voyage dans les nuages
Sans regarder le paysage
La vie passe sur son visage
Et dans ses yeux comme une image

Il rentre à huit heures du soir
Sans même dire au revoir
Sans même dire au revoir
Sans même dire au revoir
Sans même dire au revoir